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CITROUILLE PAPOTE

Enchantements et terreurs livresques

Salut à toi, ô visiteur égaré. Viens vite partager avec moi mes errances littéraires!! J'espère que mes découvertes te plairont et te donneront envie de te plonger dans les mêmes textes ! Tu trouveras ici essentiellement des chroniques de romans de genre fantastique, fantasy, et horreur. Bonne visite & bonne lecture !

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Mother (Earth) at work

Darren Aronofsky nous a habitués à ses œuvres dérangeantes, brutales, atypiques. Nous sommes notamment nombreux à avoir été traumatisés par Requiem for a dream, ou plus récemment, perturbés par Black Swan et ses errances obsessionnelles…

Bref, il nous a appris à nous méfier. Et une fois encore, avec Mother, il nous livre une œuvre très forte, de celles qui peuvent hanter votre esprit bien longtemps.


Ce film extraordinaire fait de son personnage principal, jamais nommé mais que nous désignerons par le nom de Mother, une incarnation vivante de notre mère originelle à tous : notre terre, l’absolu féminin, l’absolu nourricier et créateur.

Mother est toujours présente, toujours aimante, mais toutes les preuves d’amour qu’elle dispense autour d’elle sont considérées comme acquises.

Pendant la plus grande partie du film, c’est un personnage qui est marqué par le désarroi, l’incompréhension. Son mari accueille un premier visiteur chez eux, d’abord pour un thé, puis pour la nuit, sans la consulter. Très rapidement, c’est l’épouse de cet homme qui les rejoint, puis leurs fils… Et cela ne s’arrêtera pas là. Les évènements ne tarderont pas à prendre un tour de plus en plus cauchemardesque.




Progressivement, les intrusions seront de plus en plus importantes, de plus en plus systématiques. Les invités se montreront de plus en plus irrespectueux, voire destructeurs… Mother est presque reléguée au rang de simple spectatrice de ce carnage. Victime des choix douteux de son mari, elle patauge dans l’impuissance la plus totale. Elle a beau protester, fermer portes et fenêtres, rien n’y fait.

C’est parce qu’elle incarne la Nature bafouée que ses visiteurs la remarquent à peine. Ils ne prennent en général même pas la peine de la saluer. Ou bien, parfois, ils la remercient rapidement pour sa bonté, sans cesser pour autant de saccager son intérieur, détériorer tout ce qui les entoure.

L’humanité est ici une horde sauvage et incontrôlable.


La tache de sang qui revient sans cesse sur le sol de la chambre d’enfant peut être interprétée comme un présage funeste, ou bien comme la marque de la détérioration sans cesse affligée et renouvelée envers la planète. De la même manière que les invités laissent les robinets ouverts sans tenir compte du gaspillage, l’homme moderne utilise les ressources sans compter, jusqu’à ce qu’elles soient épuisées. Le comportement de ces intrus ingérables nous paraît dans un premier temps totalement dément, jusqu’à ce que nous comprenions qu’une partie importante de l’humanité se comporte exactement de la même façon aujourd’hui… ce qui rend tout cela encore plus atroce.


Lorsque Mother tente de se défendre ou se présente en disant « c’est ma maison », ses interlocuteurs lui répondent en exposant : « c’est la maison de tous, le poète a dit de partager ». Que signifie ce statut de poète ? De quel droit ose-t-il disposer de ce qu’il n’a même pas construit lui-même ? (c’est sa femme qui a accompli absolument tous les travaux de la maison).

On notera d’ailleurs la stupéfaction de certains (« T’es qui, toi ? »). Ces personnes lui doivent tout, mais remarquent à peine son existence. On ne peut que compatir avec le sort de cette femme de si bonne volonté, qui ne reçoit pas la moindre considération.

Lorsqu’elle est attaquée, violée, abîmée, dégradée, Mother parvient à plusieurs reprises à se reconstruire. Bien que souillée du sang du fils du premier visiteur, la maison retrouve, grâce aux efforts de Mother, son état de cocon protecteur.


Mais son époux, « le poète », ne cesse de faire des choix qui entraînent le saccage de tout ce travail de reconstruction, de protection. C’est à se demander quelle est utilité de cet homme, figure démiurgique mais tellement néfaste, indifférente, parfois cruelle. Peut-être n'a-t-on pas besoin de la présence de cet être tout-puissant, s'il n'entraîne que chaos et confusion?

Je ne vous dévoilerai pas la fin du film, mais il prend un tour assez apocalyptique…

C’est un film qui vous secoue, vous perd en chemin, et vous fait vous interroger sur ses messages et ses symboles. A vous de décider de ce que vous y voyez… ;)




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