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CITROUILLE PAPOTE

Enchantements et terreurs livresques

Salut à toi, ô visiteur égaré. Viens vite partager avec moi mes errances littéraires!! J'espère que mes découvertes te plairont et te donneront envie de te plonger dans les mêmes textes ! Tu trouveras ici essentiellement des chroniques de romans de genre fantastique, fantasy, et horreur. Bonne visite & bonne lecture !

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Une fille facile, un livre coup de poing #louiseoneill #rapeculture #audrieanddaisy

Cela faisait bien longtemps que j’avais entendu parler du roman Une fille facile – ou plutôt, dans son titre original, Asking for it. C’est un roman qui est très apprécié et estimé dans les sphères féministes. Inspiré par des faits réels, il raconte la descente aux enfers d’une jeune adolescente populaire, belle comme un cœur, qui avait tout pour réussir.

Mais voilà : elle commet l’erreur capitale de n’être pas suffisamment méfiante lors d’une soirée entre amis. Des faits tristement fréquents… Pas suffisamment méfiante, c’est bien sûr un euphémisme teinté d’ironie pour signifier « absence de paranoïa totale » à l’encontre des jeunes mâles présents à ladite soirée. Pour connaître l’histoire réelle derrière la fiction, n’hésitez pas à regarder le documentaire Audrie and Daisy, qui décrivent l’expérience de deux jeunes femmes dans des cas similaires. Spoiler alert : l’une des deux s’est suicidée, la seconde a longtemps souffert d’un grave état dépressif consécutif au harcèlement dont elle a fait l’objet.





Dans le roman, Emma O’Donovan est une jeune femme très imbue d’elle-même, pas toujours très fiable, et assez cassante. Mais elle est tellement belle, on lui pardonne tout. Pour sa défense, le récit est fait à la première personne ; on a donc accès à ses pensées les plus intimes, ce qui permet d’avoir accès à ses dialogues intérieurs les moins glorieux.

Globalement, c’est une jeune femme comme les autres.


Un soir, elle se rend à une soirée avec des amies. Elle a des vues sur un jeune homme nommé Jack, qu’elle va guetter pendant une bonne partie de la soirée (le bellâtre tardant à faire son entrée). Avec quelques péripéties –dont certaines déjà peu agréables et même assez choquantes- Emma se lance un défi à elle-même et avale un cachet qui lui est proposé, en sachant qu’il s’agit d’une substance illicite, mais en pensant simplement prendre une drogue à effets mineurs. Le lendemain, elle se réveille sans aucun souvenir, mais avec le corps et le visage endolori. Couchée devant chez elle, elle sera retrouvée par ses parents qui rentrent de leur week-end en amoureux.


Assez rapidement, elle va découvrir la vérité par le biais d’une page Facebook créée « en son honneur » ( la page s’intitule « Emma la salope ») : elle a été violée et brutalisée par de nombreux garçons de son lycée. Des photos et des vidéos ont été mises en ligne. Dans un premier temps, elle ne se reconnaît absolument pas dans ces documents ; mais le temps passant, elle sera bien forcée de reconnaître qu’il s’agit bien d’elle.

De retour dans son établissement, elle sera moquée, humiliée, rejetée par ses prétendues amies, ainsi que par la plus insignifiante de ses connaissances –sans parler des garçons.

Même sa famille ne la soutient pas vraiment. Si son frère comprend assez vite la situation et se range du côté de sa sœur, son père s’enferme dans le mutisme et sa mère reste assez indifférente, comme si elle ne comprenait pas l’ampleur de ce qu’a subi sa fille.


Emma va se retrouver dans la solitude la plus complète. Seul un ami d’enfance tente encore de garder contact avec elle, mais c’est elle qui le rejette, suite à un bête malentendu. Elle va vivre ainsi dans une intense souffrance, un sentiment –justifié- que personne ne peut la comprendre, et avoir les idées les plus noires.

Une fille facile est un roman bouleversant, un roman indispensable, un roman qui appuie là où ça fait mal. En 2019 nous manquons toujours de dénonciations de l’indifférence du système éducatif, des familles, des sociétés, des tribunaux face à ces situations.

Combien de jeunes femmes sont victimes de ces violences ?

Combien osent témoigner ?

Combien parviennent se battre ?


La victime souffre ici d’un quadruple châtiment, car en plus de l’incompréhension totale qui la saisit à la suite des violences qu’elle a subies, en supplément aussi de sa souffrance physique, elle se heurte aux insinuations déplaisantes ou insultantes du corps éducatif, aux reproches sous-entendus ou explicites de sa famille, à l’indifférence (voire au mépris) des professionnels dans le domaine médical, aux moqueries de ses camarades.

On comprend à quel point il est difficile de relater les faits, de porter plainte, quand l'entourage entier pointe la victime du doigt, cherche ses torts au lieu de se concentrer sur ceux des agresseurs, et ne cesse de culpabiliser celui - ou celle - qui souffre!


Emma chute de son trône, de son piédestal de reine du lycée dont elle jouissait au début de l’histoire. Mais ce faisant, elle perd aussi toute confiance en elle, toute estime d’elle-même. La violence du revirement de situation, le choc de l’agression ne la laisseront pas indemne.

Une fille facile est un témoignage nécessaire, qui pointe du doigt l’hypocrisie et l’inaction de nos sociétés face aux crimes sexuels. Face à un tel fléau, il serait temps de choisir ses armes de façon adéquate, de commencer à agir véritablement ; et pour cela, commencer à regarder les choses en face.

Lisez ce roman !!




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